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REALISATIONS RECENTES

Développement du primaire

L’Etat a démontré son engagement ferme en faveur de l’éducation, en particulier en veillant à ce que tous les enfants burundais reçoivent une éducation primaire de qualité. Avec l’appui de ses PTF, l’Etat a fait des efforts considérables ces dernières années pour reconstruire et étendre l’accès à l’enseignement primaire. Cet engagement s’est traduit par les réalisations suivantes :


(a) Augmentation des dépenses publiques

L’Etat a augmenté les dépenses publiques relatives aux coûts récurrents de l’éducation. Elles ont été portées de 22 milliards FBU seulement en 2002, à 102 milliards FBU en 2008, ce qui correspond à 3,7% et 7,7% du PIB respectivement en 2002 et 2008, soit un niveau parmi les plus élevés en matière de dépenses publiques d’une économie en Afrique. D’autre part, entre 2005 et 2008, l’Etat a considérablement augmenté les dépenses nationales d’investissement dans les infrastructures scolaires, en passant d’une part négligeable à une moyenne de 50% des dépenses nationales d’équipement au cours de cette période. Presque la totalité des dépenses a été affectée à la construction et la reconstruction d’écoles primaires en vue de faire face à la forte demande de scolarité consécutive à l’abolition des frais scolaires.

(b) Suppression des frais de scolarité

En 2005, l’Etat a supprimé les frais de scolarité dans l’enseignement primaire et lancé un programme de subventions scolaires afin de compenser partiellement la perte de la partie de ces frais utilisée pour le fonctionnement des écoles. Dès lors, les inscriptions à l’enseignement primaire sont passées de 800 000 élèves en 2002 à 1 million en 2005, puis à 1,5 million en 2007, avec une nette augmentation des inscriptions des filles.

(c) Augmentation du nombre de salles de classes et d’enseignants

Le nombre de salles de classes et les effectifs d’enseignants ont été considérablement augmentés. Ainsi, durant la seule période de 2005 à 2007, 6 000 salles de classe ont été construites, et 7 000 nouveaux enseignants du primaire ont été recrutés.

(d) Mise à disposition de matériels pédagogiques

Les manuels scolaires sont apparus dans les salles de classe du primaire. Avec l’appui des PTF, l’Etat a fourni, pour les élèves des classes de 1ère et 2ème années, un manuel pour deux élèves en Kirundi, Français, Mathématiques et Etude du Milieu et un manuel par élève en Kirundi et en Français pour les élèves des classes de 3ème à la 6ème. Tous les enseignants disposent des guides pédagogiques appropriés.

(e) Formation continue des enseignants, des directeurs d’écoles et des inspecteurs

En ce qui concerne les actions menées dans le cadre de la formation des enseignants, un programme de formation certificative a été mis sur pied. Des progrès ont déjà été enregistrés puisque 1 710 enseignants non qualifiés ont bénéficié ou vont bénéficier d’une formation qualifiante au cours des années scolaires 2007-2008 et 2008-2009. Le reste des enseignants non qualifiés bénéficiera de la même formation afin qu’à terme il n’y ait plus d’enseignants non qualifiés dans le système. Par ailleurs, plus de 2 100 directeurs et inspecteurs de l’enseignement primaire ont reçu une formation articulée sur la gestion scolaire, l’administration et les compétences à la vie courante. De même, 423 personnes comprenant des inspecteurs, directeurs d’écoles, enseignants et membres des comités de parents ont été formées à la pédagogie active et participative et à la gestion des écoles dans le cadre de la mise en œuvre de la « Communauté d’apprentissage : un modèle école amie des enfants au Burundi ».


(f) Amélioration des conditions de travail des enseignants

Afin d’améliorer la qualité de prestation et stimuler l’engagement des enseignants, l’Etat a accordé aux enseignants de tous les paliers une majoration relativement importante de salaire en conformité avec les augmentations appliquées dans la fonction publique. Un Fonds de logement des enseignants a également été institué en 2008 au fonctionnement duquel l’Etat participe à hauteur de 200 millions de FBU.

(g) Mobilisation pour une plus grande participation communautaire

L’Etat du Burundi, à travers les administrations communales, a sensibilisé les communautés à la collecte de matériaux locaux et à la construction des écoles. Dans ce cadre, des intrants (ciment, tôles, fer à béton,…) pour appuyer les initiatives communautaires dans la construction des infrastructures scolaires ont été distribués. En outre, un programme de mise en place des comités de gestion des écoles impliquant les parents est en cours d’élaboration.

(h) Politique nationale relative à l’éducation des filles

En 2001, le Burundi a adhéré au programme « Initiative pour l’éducation des filles en Afrique ». Le but était d’améliorer l’accès, la rétention et les performances des filles à l’école. De nombreuses activités ont été initiées grâce à des comités et clubs locaux qui se sont progressivement constitués et qui ont relayé les messages dans tout le pays. Des écoles pilotes ont été retenues et des études spécifiques ont été réalisées par FAWE/Burundi pour une sensibilisation efficace des populations. Enfin, une politique nationale de la scolarisation des filles a été élaborée. Elle est en cours d’adoption par le Gouvernement. Par ailleurs, un audit sur le genre dans le secteur de l’éducation a été réalisé avec l’appui de l’UNICEF ; il est en cours de finalisation.

(i) Education à la citoyenneté

Dans le but de relayer et de conforter les efforts du Gouvernement visant à asseoir définitivement une société démocratique imbue de valeurs positives, le MENRS a choisi d’enrichir les programmes enseignés à tous les niveaux en introduisant le cours de formation civique et humaine. Au primaire, ce programme est déjà en vigueur dans les deux premières années du cycle et sera généralisé au cours des prochaines années afin de cultiver chez le jeune Burundais des valeurs positives marquées par un esprit de tolérance, de convivialité et de respect des droits et devoirs du citoyen.

Genre et équité
La Constitution de la République du Burundi prône la promotion de la femme burundaise qui est aujourd’hui représentée au Parlement et au Gouvernement à concurrence de 30%. Dans cette même optique, des efforts ont été faits dans le souci de permettre l’accès de la jeune fille burundaise à l’école. Actuellement l’indice de parité s’établit à 0,95 dans le primaire avec des disparités géographiques considérables autour de cette moyenne. Des efforts restent donc à faire tant au niveau du primaire pour réduire les disparités provinciales et communales qu’aux niveaux de l’enseignement secondaire et supérieur où l’indice moyen est plus faible que dans le primaire. Les études réalisées sur les obstacles à la scolarisation des filles, sur les stéréotypes en genre dans les manuels scolaires et sur les performances et le maintien des filles à l’école indiquent les principales voies à emprunter pour consolider les efforts visant la promotion de la scolarisation de la fille.
Tous ces efforts ont permis d’arriver à un accès plus équitable à une éducation primaire de meilleure qualité pour tous les enfants burundais. Toutefois, pour les familles et les enfants les plus pauvres et les plus vulnérables luttant pour survivre, l’accès à l’école ne suffit pas pour leur assurer l’opportunité de scolarisation. Pour donner des chances égales à tous les enfants, l’Etat a lancé un programme de cantines scolaires avec l’appui du PAM et a distribué périodiquement, avec l’appui de l’UNICEF et d’ONGs, des fournitures scolaires et des uniformes à des populations ciblées. Des cours de rattrapage et de mise à niveau ont été également organisés à l’endroit des enfants rapatriés pour faciliter leur intégration dans le système éducatif burundais.

Appuis au post-primaire
Au niveau de l’enseignement secondaire général communal, les communes se sont fortement mobilisées pour répondre à la demande croissante pour cet enseignement. En effet, les collèges et lycées communaux représentent actuellement 82% des inscriptions dans le secondaire, tandis que les collèges et lycées publics n’inscrivent que 10% de l’effectif des élèves. Dans le souci d’améliorer les conditions d’apprentissage et au vu de la quasi-absence de matériels didactiques aujourd’hui, l’Etat, avec l’appui de ses PTF, est sur le point de fournir des manuels scolaires, à raison d’un jeu pour 2 élèves. Par ailleurs, des efforts croissants sont observés au niveau des parents, des communes et des PTF pour accroître les capacités d’accueil mais cela ne suffit pas pour supprimer les sous-capacités chroniques, surtout dans le premier cycle.

Il y a eu également des progrès dans d’autres sous-secteurs de l’éducation, par exemple la mise en place de formations modulaires dans la formation professionnelle, bien qu’à une échelle beaucoup plus réduite à cause du manque de ressources et de l’absence d’orientation future claire. De plus, une étude diagnostique pour la mise en place de la réforme de l’enseignement supérieur a été réalisée en 2008 et un plan d’action vient d’être rédigé qui sera repris dans le PSDEF.

L’enseignement secondaire technique s’est développé à un rythme assez lent au cours des dernières années : réhabilitation des locaux et équipement de filières jugées prioritaires. Le coût élevé de cet enseignement et l’absence de vision prospective des besoins en qualifications expliquent en partie la croissance quantitative lente observée.

La formation professionnelle connaît une évolution importante avec la mise en place de formations modulaires, d’une durée variant d’un mois à un an, qui pourront être offertes tant aux travailleurs indépendants désirant se recycler qu’aux sortants des cycles primaire et secondaire général. Les programmes des premières formations modulaires sont en cours d’impression. Assez rapidement, la nouvelle organisation va remplacer progressivement les formations actuelles qui durent plusieurs années.

L’enseignement supérieur est entré, depuis deux ans, dans une phase de rénovation importante marquée par les étapes suivantes :
Avril 2007 : Lancement de six études préparatoires à l’évaluation de l’enseignement supérieur
Avril 2008 : Atelier de refondation de l’enseignement supérieur
Juillet 2008 : Discussion et adoption du livre blanc sur l’enseignement supérieur afin de fixer les axes principaux du développement de ce sous-secteur dans les prochaines années.
Ces recommandations se retrouvent dans le PSDEF.

Le service national d’alphabétisation assure des formations en direction des adultes analphabètes aux côtés d’autres intervenants. Compte tenu de moyens jusqu’ici limités, ce sont environ 90 000 apprenants qui reçoivent chaque année une soixantaine d’heures de formation.

 
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